Ça change…
Hello There,
– Comment vas-tu?
– Moi pas pire, comme disent les québécois ? !
Je profite d’être dans l’attente pour faire une petite introspection sur moi. Et je t’embarque avec moi ?.
J’ai envie de parler de rythme, plus particulièrement du changement de rythme.
Tout au long de mes expériences, la PMA y compris, j’ai retenu de la vie que rien ne se déroulait en ligne droite, surtout pas comme on le prévoit. J’ai compris que Vivre demandait d’être flexible et s’adapter au changement de rythme. J’ai compris, je vois que c’est comme ça que les choses fonctionnent mais je ne l’intègre pas encore. Je sais que c’est une leçon importante, je m’y entraîne mais je ne la maîtrise pas encore.
Par le passé je pensais que j’étais flexible mais pas du tout. En m’observant je vois qu’il m’est essentiel d’avoir une sorte de ligne directrice « stricte » pour accomplir ce qui me tient à cœur. Cette ligne m’évite de m’éparpiller. En soi ce n’est pas une mauvaise chose d’avoir cette ligne à mon sens, c’est juste que quand la vie se produit et qu’elle demande de la flexibilité de ma part, je bugge littéralement. Évidemment elle ne vient pas gentiment me dire :
– Shana, ça va venir demain et il faut que tu sois flexible.
Elle me met dans le vif, elle exige, ne me donne pas le choix. Et quand c’est ainsi je me retrouve plantée là et :
– P-E-R-D-U-E comme jamais.
Prenons l’exemple du sport : j’aime en faire, ça me challenge et me donne cette impression de contrôle. Je fais au moins quatre séances par semaine. Une fois que je définis les entraînements à faire pour le mois par exemple voire les trois prochains mois c’est parti. Mon esprit est occupé et quoiqu’il arrive je m’y tiens. Et c’est clair que je ne regrette jamais d’avoir accompli chacune de mes séances même quand j’ai une grosse flemme.
Et il suffit d’une semaine sans que je ne puisse faire aucune des séances prévues soit parce que mon corps ne me le permet pas car j’ai un lumbago soit durant la semaine post ponction ou la pré transfert pour que je sois perdue. J’ai du mal à m’y remettre, à retrouver mon rythme ou du moins la motivation de retrouver ce rythme.
C’est un changement de rythme qui me déstabilise beaucoup. On peut dire que le changement me déstabilise tout court.
– Ahhh voilà tu as mis le point sur ton réel soucis jeune fille !
C’est le genre de discussion que j’ai souvent dans ma tête et cela me soulage tellement d’arriver à une conclusion qui va me permette d’aller de l’avant.
– Je n’aime donc pas le changement.
Je vais creuser un peu plus la-dessus, plus tard. Je n’aime pas le changement mais c’est ironiquement la seule chose constante dans la vie…
Là, j’ai potentiellement un mois à tuer avant le transfert et je ne sais pas par quoi commencer. Ce n’est pas que le sport qui prend. Mes écrits aussi, je suis en retard dans mes publications. Je rame un peu aussi dans mes tâches au boulot.
– J’attends certes mes règles mais je suis intérieurement D-E-R-E-G-L-E-E.
– Je suis D-E-S-A-L-I-G-N-E-E.
Plus aucun contrôle. J’ai la sensation d’être en pilote automatique et de subir la vie. Ce qui fait que je suis mal dans mon corps et ça me pousse la plupart du temps à grignoter, à faire tout le contraire de ce que je devrais faire. Un peu comme une rébellion.
– Tu vois un peu de ce dont je parle ?
Ce moment où tu es en conflit avec toi-même et tu as ce genre de discussion :
– Tu sais que tu dois faire ceci ?
– Oui je sais, dans 1h.
– Ok…
La fameuse heure plus tard
– Écoute, ce n’est pas grave, il n’y a pas d’urgence et je n’ai pas envie.
– Tu vas le regretter plus tard.
– Oui peut être mais bon, pour le moment laisse-moi regarder mon sixième épisode d’Ozark et manger mes chips.
Heureusement ça finit par passer et tu te retrouves à te dire :
– Demain je ferai mieux…
Ou
– Aller hop, même si c’est un tout petit truc sur ma To do, je le fais maintenant. Et je ferai encore plus de choses demain.
Maam me dit souvent que ce n’est pas grave de faire une pause, de se donner le temps pour se remettre en selle. J’adhère mais j’aimerais simplement passer moins de temps plantée là, figée par la peur, figée par le fait que ma ligne soit coupée et qu’il faille peut-être en créer une autre qui va elle aussi à son tour être coupée. J’aimerais ne pas rester là des semaines à procrastiner et à me demander pourquoi les scénarios que j’ai dessinés ne se sont pas réalisés. J’aimerais que cette pause soit courte car en vrai la vie ne me donne pas le choix. Sois je reste plantée là et je me morfonds, soit j’accepte la mission, je m’adapte et j’avance. Et autant mieux avancer et me rapprocher de mon but.
– Uhummmmm
Cette découverte sur le changement, sur ma rigidité ou mon manque de flexibilité me ravie d’une certaine manière. J’ai conscience de ma situation actuelle. Je connais le point de départ. Et je sais vers quoi je veux tendre.
J’ai de la chance de partager cela avec toi. Peut-être que tu es dans la même situation et j’ai juste envie de te dire :
– Ce n’est pas grave. Tu n’es pas seul(e).
– I GOT YOU ? !
Je te remercie d’être passé(e) par ici et je te souhaite une excellente semaine !
Tendrement,
Shana? .


