Maman un jour

En attendant…

– Toc toc ? ?

– Qui est là ?

– Ben alors, tu m’as déjà oublié ?

– C’est Shana, la douce Shana qui passe te faire son coucou hebdomadaire surtout qu’elle a manqué votre rendez-vous de la semaine dernière… Faut vraiment que je me discipline mais petit à petit.

– Mea culpa ?!

J’espère que tu vas bien cette semaine.

Alors de quoi vais-je te parler cette semaine ? Après cette succession de croche-pieds, de pleurs, de grossesse chimique qu’est-ce que je deviens ? Qu’est-ce que j’ai fait ?

Ben la suite c’est que :

– J’attends…

J’attends mes règles.

C’est le comble en fait. J’ai passé ces dernières années à attendre que des tests de grossesse soient positifs et aujourd’hui je n’ai qu’une hâte avoir mes règles. Qui l’eut cru ?

Plus jeune quand je ne faisais pas attention, je priais pour voir mes règles arrivées en soulagement parce que c’était la preuve que je n’étais pas enceinte.

L’époque des petits amis ?!!!

– Oh Merci Seigneur. Combien de fois tu m’as sauvé de mes déboires ?

Ah lala lala la jeunesse et son insouciance.

Maintenant je ne veux surtout pas les avoir parce que je veux être mère.

Mais là c’est diffèrent je veux les voir.

– Pourquoi suis-je impatiente de voir ce rouge ?

Je veux me rassurer.

C’est une manière de savoir que mon corps reprend le contrôle sur tout le chamboulement hormonal que je lui ai infligé avec tous ces protocoles.

– La vie hein !

Quand tout va bien on ne fait pas attention. On se permet de prendre pour acquis le fonctionnement de notre corps. Il a fallu ce parcours de PMA pour que je fasse plus attention à ce que je peux ressentir dans mon corps, que je prenne le temps de l’écouter, que je sois plus consciente de moi-même et de ma féminité.

J’ai un retard de plusieurs semaines. C’est aussi ça les traitements hormonaux. Ils bouleversent complètement mes cycles à chaque fois.

– Alors oui j’attends.

Pour le moment j’ai encore quelques symptômes comme des tiraillements au niveau de l’utérus, des nausées ou même les seins qui sont douloureux. Dans d’autres circonstances, j’aurais pu me méprendre et penser que c’était le début d’une grossesse, les symptômes étant identiques.

– Réveille-toi ma cocotte, ce sont les spm (syndrome prémenstruel) qui te narguent, m’aurait murmuré la petite voix si je me trompais à croire à une grossesse.

Petite anecdote :

– Figure-toi que mon obsession était telle que pendant la dizaine de jours qui précédaient chacune de mes menstrues, donc en plein spm et même jusqu’à leur arrivée je me persuadais que c’était peut-être le bébé qui s’accrochait et les symptômes en étaient la preuve. J’avais lu sur internet que lors de la nidation des saignements semblables à un début de règles pouvaient apparaître. Alors moi j’espérais, j’y croyais.

Et cette torture se répétait tous les mois, presque.                                                                                            

Certains mois, j’innovais en pensant que je faisais probablement un déni de grossesse et que c’était la justification de mes règles qui étaient là alors que je ressentais tous ces symptômes. Je ne compte plus le nombre de tests de grossesse que j’ai acheté ou fait acheter à Maam pour que « nous soyons sûrs ». Je pense qu’à force je me suis créée une sorte de bouée de sauvetage émotionnelle durant cette période d’incertitude d’attente de mes règles. Un coup j’étais persuadée que c’était la fois tant attendue et de l’autre que je n’étais pas enceinte. Je naviguais ainsi entre ces deux émotions, une joie un soulagement et de la tristesse, un sentiment d’échec.

– Uhum c’est ça donc, j’attends.

Et en attendant, je vais pouvoir reprendre mon sport. J’en ai besoin. Ce n’est pas évident d’en faire durant les protocoles :

Phase Stimulation +Ponction : Impossible de sauter partout car j’ai les ovaires gonflés et en feu.

Phase transfert : encore moins possible de sauter partout, il ne faudrait pas bousculer les petits embryons qui essaient de s’accrocher à la paroi de mon utérus.

Donc je vais faire de la marche, du fitness, du yoga et mes amies m’ont recommandé de l’acupuncture. Je vais essayer des choses et reprendre le cours de ma vie.

Il m’a l’air un peu tristounet cet article mais c’est bien la tristesse aussi je trouve. Sans elle on ne savourerait pas autant la joie. N’est-ce pas ?

Mon message cette semaine c’est de te dire que :

Tu as le droit d’être triste dans le processus que tu traverses qu’importe lequel et tu n’as pas à te forcer d’aller bien tout de suite et vite. Prends le temps.

– J’ai dit que tu pouvais et que c’était OK, mais ne t’y éternise juste pas.

Je t’embrasse très fort et te souhaite une excellente semaine.

Tendrement,

Shana ?.

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