Maman un jour

A Quelques grammes près

– Par contre, vous madame ce ne sera pas possible, vous devez perdre du poids. Je ne peux pas vous prendre en processus PMA tant que vous êtes comme ça ! Combien pesez-vous ?

Ah non, vous êtes obèse ! Personne ne vous a jamais dit que votre poids poserait problème en cas de grossesse même naturelle ? Même pas votre gynécologue de ville ?

Au fur et à mesure de ces mots, dits sur un ton sec, sévère, avec du dédain- j’exagère peut être mais bon- mon amour propre prenait un énorme coup comme si j’étais flagellée, nue, sur une place publique. Je me décomposais tout doucement et de grosses larmes me roulaient sur les joues. Puis elle enchaîna (sans pitié) :

Ne pleurez pas madame. Je suis obligée d’être ferme avec vous car j’ai beaucoup de grossesses qui se passent mal et ce sont en majorité des cas avec des femmes obèses. Souhaitez-vous avoir un enfant en bonne santé ? Mon but est que tout se passe bien pour vous et votre bébé en prenant le moins de risque possible. Et l’obésité crée des problèmes supplémentaires. Avant de commencer quoique ce soit vous devez perdre 10% de votre poids actuel et pas toute seule dans votre coin.

Et elle me tendit une liste d’hôpitaux et de médecins nutritionnistes qu’elle prit dans la sorte de bibliothèque qui se trouvait derrière son bureau.

Prenez rendez-vous avec l’un deux. Ce sont des médecins avec lesquels nous avons l’habitude de travailler. Ils vous suivront et nous feront directement des retours sur vous.

Elle, eh ben c’est Dr Séverette (comme elle est très rigoureuse mais avec la réputation d’avoir de bons résultats pour les processus PMA – sévère mais efficace du coup je ne peux pas casser beaucoup de sucre sur sa tête). C’est la gynécologue que nous avait recommandé Dr Pipiyologue quand nous l’avions rencontrée – vous vous souvenez ? Cette dernière nous avait fait comprendre que notre seule option pour avoir un enfant était de passer par une FIV (Fécondation In Vitro) mais pas une toute simple: une FIV ICSI. Elle nous avait aussi conseillé de prendre rendez-vous avec un médecin du service gynécologique de l’hôpital – reconnu aussi pour son service PMA.

Avant de vous raconter comment s’est déroulé le rendez-vous avec Dr Séverette, nous allons faire une halte ICSI.

Je ne le savais pas mais c’était le niveau ++ de la FIV. En fait il y a trois niveaux de Procréation Médicalement Assistée (PMA) ou Assistante  médicale à la procréation (AMP):

  •  l’Insémination – Niveau 1 – où il y a le moins d’intervention extérieure; les spermatozoïdes sont déposés au fond de l’utérus de la femme au moment de l’ovulation.
  • la FIV simple – Niveau 2 – cela commence à se faire dans une éprouvette et chacun donne du sien. C’est du 1 à plusieurs  (1 ovocyte plusieurs spermatozoïdes) puis implantation dans madame.
  • la FIV ICSI – Niveau 3 – c’est du 1 pour 1.
    Alors pour faire rigolo, c est une sorte de présélection des Zozos (spermatozoïdes) les plus forts dans le « liquide précieux » et des Lili (follicules) récupérés par ponction dans les ovaires de madame. Et ben oui, messieurs nous n’éjaculons pas nous les femmes. Ah vous alliez dire « fontaine » ? Et ben je ne pense pas que l’on y trouve des Lili dans une fontaine. Je vous laisse vérifier ? Vous renseigner ? N’hésitez pas à me dire…. C’est une information qui peut être intéressante  😉  ! En fait les lili ce sont les reines des ovaires. Imaginez les comme une population et à je-ne-sais quelle fréquence il y une élue qui veut bien se donner la peine de descendre. Chez moi, elles ont décidés de rester princesses, toutes et aucunes ne veut devenir reine et descendre. Revenons à nos zozo et les Lili. Après sélection, on leur fait un speed dating et pouf ça fait des chokapik et donne des embryons ou pas d’ailleurs…
    Vous avez  la version sérieuse sur ce site Fiv.fr

—Halte ICSI terminée—

Je me souviens que j’étais beaucoup moins détendue une fois dans le bureau de Dr Séverette qu’à notre arrivée ce soir-là dans les locaux de l’hôpital. Nous nous faisions des petites blagues avec Maam en attendant notre tour. Elle avait déja notre dossier, celui qu’avait commencé à remplir l’urologue. Elle nous redemanda nos derniers résultats d’examens – pensez à prévoir un classeur à transporter partout à chaque consultation qu’importe le médecin-.

Sa reprimande sur mon poids, je l’ai vécu comme une difficulté supplémentaire pour avoir un enfant. Déjà il y avait un processus à suivre avec ses différentes étapes, le stress potentiel qui va inévitablement avec, les hormones qui vont faire la fiesta, toute l’organisation que cela va enclencher et maintenant ça:  Perdre des kilos…

Je me retrouve donc à quelques grammes, un nouvel obstacle avant de commencer mon « fameux traitement » que j’attends depuis plus d’un an. Pff… La vie devait surement ricaner dans sa barbe et fredonner du Stromae:

Quand tu crois enfin que tu t’en sors,

quand y en a plus et ben y en a encore.

lalalalalalala

Elle nous a aussi fait comprendre  comme l’urologue que notre cas ne pourra être traité qu’en mode Fiv ICSI. Nous étions donc admis systématiquement au parcours PMA. Je parle d’admission, parce qu’il y a certains centres  dans lesquels il faut passer des épreuves comme celle du psychologue qui valide votre dossier. Je redoutais d’ailleurs que ce soit le cas pour nous car je n’étais pas sûre d’être convainquante sur mon désir réel d’avoir un enfant.

Nous avions un Pass Free, et en plus de nouveaux examens à faire qu’elle nous a prescrit (surtout moi, je vous en parle dans un prochain article de la rubrique  Coin Papa), elle nous a aussi fournit un Protocole de soins. C’est la prise en charge à 100% de la sécurité sociale de la majorité des actes médicaux (pas tous) en liens avec le PMA et ce pour 4 tentatives jusqu’au 43 ème anniversaire de la femme. Et le compteur se remet à zéro dès qu’il y a accouchement. L’avantage de vivre en France- YOUPI –  Autrement, cela nous aurait coûté 3500 euros par tentative.

La consultation s’est terminée sur ces recommandations:

Vous prendrez rendez-vous avec ma secrétaire dès demain pour le mois de février, pas avant. Vous revenez avec les kilos perdus et nous pourrons débuter votre parcours PMA.

Inscrivez-vous aussi au mois de janvier à la réunion mensuelle d information.

– Je vous en parlerai de cette fameuse réunion. –

En sortant de son bureau j’étais silencieuse. Je me demandais si mon désir d’avoir un enfant allait être assez fort pour faire face à toutes ces contraintes et épreuves. Et j’en voulais à Maam, lui qui m’a conforté dans l’idée que mes rondeurs le faisait grave et qu’il les adorait – nous en parlions même avant la consultation- . Je suis ronde certes et à part ma mère qui n’arrêtait pas de faire des commentaires sur ma corpulence en me comparant à mes cousines et amies,  personne ne m’avait autant descendu  sur mon corps que Dr Séverette. À une époque je complexais beaucoup la dessus, puis j’ai mis du temps à les assumer et maintenant que je les kiffais, il fallait s’en séparer. Mais bon pour être honnête je voulais faire une taille 42 depuis un moment même si le bon 44 que je faisais me convenait très bien. C’est un point positif mais c’était la manière de le dire et le fait que cela repoussait le début de notre parcours de trois mois qui m’a blessé.

Au final, après quelques jours de profonde déprime, j’ai appelé et pris rendez-vous avec une nutritionniste qui faisait des consultations dans l’hopital. On en parlera dans le prochain article n’est-ce pas?

OUI 🙂

Tendrement,

Shana ?.

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